manuelapaulcavallier
M.P-C.
Manuela Paul-Cavallier

Inspirations


Le 12 Février 2015


Manuela cherche, éprouve, expérimente les anciennes techniques qui lui sont chères..
L’inventaire des ingrédients peuple une poésie d’iconoclaste : fiel de bœuf, ail, colle de lapin ou de poisson, aloes, pistil de lys en décoction …

Les couleurs sont une une palette de pigments bruts; noir d’ivoire, de fresque, de pêche, bleus de prusse et d’outremer, vermillon, jaunes d’ocre… chacun ayant des qualités propres de densité, de luminosité et de profondeur .

Autant de mots, d’odeurs, de textures et de couleurs habitent l’atelier animé du vol des feuilles d’argent ou d’or portées par la caresse des pinceaux et brunies à la pierre d’agate. Ici règne une sensibilité à fleur de derme. Les feuilles d’argent et d’or qu’il soit blanc, rose, jaune, vert… reçoivent l’exclusivité de Manuela.
La matière pleine, charnelle, aux noirs infinis dans lesquels le regard plonge en médiation. Un voyage au relief de pleins et de creux de lignes maitrisées ou fugaces. Le noir comme un écrin offert à l’or, à son éclat opposé et complémentaire. C’est vers le minimalisme que tend l’expression. La matière, les émotions s’expriment hors de toute contrainte dans une forme d’expressionnisme abstrait, un art sensible.

À son tour, l’abstraction se nourrit de la mémoire du temps, les techniques ancestrales convoquent les siècles passés. À chaque nouvelle journée son apprentissage, les mains habiles des enseignements reçus et la matière à séduire. Alors se créent les rencontres, les complicités, les connivences ; chaque matière enrichissant l’autre comme les instruments d’un orchestre forment la mélodie.

L’épure est une muse sévère qui ne pardonne pas le geste bavard… Manuela aime l’idée qu’une œuvre ne se livre pas toute entière au premier embrassement du regard. Suivant le point de vue, la lumière, elle doit dévoiler de nouveaux détails, une nouvelle lecture.

« J’aime l’émotion des équilibres, du mouvement, les sensations que font naître les ombres, la profondeur parfois insondable du noir seulement rompu par la feuille d’or ou un contraste de matité et de brillance. Si le premier semble abyssal le second au contraire nous porte à sa surface. La lumière se détache des ténèbres. L’équilibre de l’ombre et de la lumière, ces mouvements que la matière reçoit et restitue à celui qui la parcourt du regard. Même les figures d’apparence statique impriment le mouvement de leur relation dans l’espace. »
La lecture est sensorielle. La matière se fait matrice charnelle de l’émotion.